Mes très chers Darniens Académiciens,
Par Corinne Sauffier
Voilà plus de deux mois que nous baignons ensemble dans le chaudron effervescent de la sélection du Goncourt. Dans le buisson ardent des mots, nous nous sommes tous embrasés, chacun à sa façon, avec sa personnalité, sa sensibilité, sa façon d'être, ses doutes et ses surprises aussi ... Dans la cour, à la récré, nous avons parlé auteurs, écriture, inspiration, création, voire transpiration... Au moins les conversations nous changeaient du dernier tube de Béyoncé, des dernières frasques de Britney ou de l'éternelle rivalité entre Brad et Georges pour savoir lequel des deux est le plus beau gosse de la planète !
En lisant la sélection des romans du Goncourt, nous avons vu défiler la « Comédie humaine » de nos contemporains. Juette, Clémence, Lou, Marie, Zelda et combien d'autres, c'est devenu un peu notre « Star Ac » à nous, Nikos et Céline en « guest star » en moins, petite précision et non des moindres.
Quand nous reparlerons plus tard de cette expérience, nous dirons tous :
« Nous avons goûté à la potion magique de la littérature. C'était comme vivre sur une autre planète dans la galaxie du lycée. Certains nous prirent pour des extra-terrestres toujours illuminés et comme connectés sur des mondes parallèles... Mais nous avons tenu bon. Nous avons été jusqu'au « bout de nos rêves » sans jamais marcher seul comme l'a si bien chanté Jean-Jacques...
Comme E.T maintenant, il nous faut regagner « maison », même si nous versons une larme émue. Il n'y aura pas d'adieux ni de mouchoirs à agiter. Lire fut notre victoire ! Nous avons atteint une dimension inédite. Parfois nous étions dépassés par les événements. Mais jamais nous n'avons perdu le cap ! Nous avons découvert de nouveaux horizons, explorateurs du Verbe dans un monde où l'image règne souveraine et hautaine en chaque recoin et même si nous sommes passés à la télé que beaucoup de sociologues qualifient de « folle du logis » (suivez-mon regard !) nous resterons humbles car la vraie finalité, c'était d'être ensemble dans le projet et d'harmoniser nos différences et d'accepter l'autre tel qu'en lui-même, l'éternité le change...»
La page ne sera pas tournée brutalement. L'art laisse toujours les portes grandes ouvertes. Connaissez-vous le célèbre symbole de l'Ourobouros, le symbole cosmique de l'éternel recommencement ? Soit dit en passant, je vous conseille de postériser un mandala sur les murs de votre chambre, cela nous changera du style « vintage » d'Emma de Caunes qui possède le si noble héritage d'être une « enfant du rock », mais je m'éloigne du sujet quoique le plus volumineux roman de la sélection (vous devinez lequel ?) porté à l'écran pourrait avoir un style « Sailor et Lula » qui n'est pas pour me déplaire, mais là je m'éloigne vraiment du sujet...
Revenons à nos « moutons » comme dans la dictée de ce cher Topaze :
Le 29 novembre, nous retrouverons tous nos amis lecteurs au restaurant d'application autour d'un goûter littéraire. Les 2° Bio, à vos fourneaux, sous la houlette de Mme Carrié ! On fera causette comme dans un salon littéraire dans un esprit de partage et de convivialité.
Nous penserons à la bande des quatre du temps des Lumières (M, pas le chanteur masqué, V et R, les « frères ennemis », condamnés à se « supporter » pour la postérité au Panthéon et le grand D jamais fataliste). Nous nous imaginerons au « Café Procope », trois siècles en arrière, du temps où le café ne valait pas six euros. Pourtant que d'idées révolutionnaires circulaient autour des verres !...
Non, après l'aventure du Goncourt, nous ne regagnerons pas notre train-train routinier. Quelque chose d'indicible est passé entre nous, une sorte de petite flamme vive qui illuminera nos regards et nos c½urs pour longtemps.
Mes chers Darniens Académiciens, pour finir, je vous demande de réfléchir sur cette citation d'Oscar Wilde (plongez-vous vite dans le Portrait de Dorian Gray !) :
« J'ai mis mon talent dans mon ½uvre et du génie dans ma vie. »
En ce bas monde, il faut lutter contre la bêtise et les clichés et surtout rester soi-même en toutes les circonstances, accepter aussi l'Autre dans sa différence car la vraie richesse se cache loin des apparences et des faux semblants.
Vous venez tous d'univers différents. Mais lorsque Vénus rencontre Mars, cela fait plus que des étincelles et c'est en apprenant à mieux vous connaître, mes chers Darniens Académiciens, que vous avez atteint cette sublime alchimie qui fait que parfois notre vie peut ressembler à une ½uvre d'art...
P.S : Le jeudi 17 janvier, nous recevrons Michèle Lesbre sur un canapé rouge qui n'est pas celui de Michel Drucker le dimanche après-midi, pour un voyage en train. Cela nous changera de la prose de Grand Corps Malade, épique slameur poète.
Nous nous retrouverons le 14 décembre au CDI un vendredi de 10 H à 11h pour converser par webcam avec Marie Darrieussecq. Préparez vite vos truistiques questions !
Pour la semaine culturelle, Lydie Salvayre sera notre invitée d'honneur les 25 et 26 mars.
Promis, nous ne mangerons pas que des hamburgers d'ici là, foi d'animal bien domestiqué par le pouvoir des mots ! ...